Le blog AtAd Climat

Expertise, stratégie et résilience climatique : toutes nos actualités à retrouver ici !

Je suis une collectivité et je souhaite faire transiter mon territoire

Je suis une collectivité et je souhaite faire transiter mon territoire

Jeudi, Avril 30, 2026 Bilan Carbone Collectivité

đŸ˜ïž La transition environnementale pour une collectivitĂ© territoriale : comment aborder le sujet, en tant qu'Ă©lu(e) et avec tous les habitant(e)s

Une urgence climatique qui passe par les territoires

Avant d’aller sur le terrain des collectivitĂ©s, il est important de comprendre comment sont mesurĂ©es nos Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. Pour piloter la trajectoire climatique de la France, nous mesurons deux empreintes carbone Ă  l’échelle nationale : 

  • notre empreinte carbone totale, qui regroupe les Ă©missions liĂ©es Ă  la production intĂ©rieure de biens et services, les Ă©missions directes des mĂ©nages, les Ă©missions liĂ©es aux importations hors transports internationaux et les Ă©missions relatives aux transports internationaux (environ 650M tCO2e en 2024)
  • notre empreinte carbone territoriale, qui regroupe les Ă©missions liĂ©es Ă  la production intĂ©rieure de biens et services, les Ă©missions directes des mĂ©nages et les Ă©missions liĂ©es aux exportations et aux non-rĂ©sidents (364M tCO2e en 2025)

L’empreinte carbone totale nous permet de prendre en compte les Ă©missions gĂ©nĂ©rĂ©es par d’autres pour subvenir Ă  nos besoins. L’empreinte carbone territoriale se contente de son cĂŽtĂ© de comptabiliser les Ă©missions gĂ©nĂ©rĂ©es Ă  l’intĂ©rieur des frontiĂšres hexagonales. 

L’empreinte carbone territoriale est mesurĂ©e chaque annĂ©e et nos trajectoires de rĂ©duction nationales sont construites en nous basant sur ces donnĂ©es (la fameuse StratĂ©gie Nationale Bas Carbone). En 2015 (Accord de Paris sur le climat), les Ă©missions territoriales avoisinaient les 460M tCO2e, elles ont depuis diminuĂ© pour atteindre en 2025 364M tCO2e (soit une rĂ©duction d’environ 10M tCO2e par an), d’aprĂšs le CITEPA.

Émissions françaises annuelles de GES (en MtCO2e) hors puits de carbone

C’est Ă  priori une bonne nouvelle : nous allons dans le bon sens (mĂȘme s’il est Ă©galement essentiel de suivre notre empreinte carbone totale, reflĂ©tant mieux notre activitĂ© et notre dĂ©pendance aux Ă©missions gĂ©nĂ©rĂ©es par d’autres).

Entre 2024 et 2025, ces Ă©missions territoriales ont ainsi diminuĂ© de 1,5 % (contre 1,8% entre 2023 et 2024). C’est ici que le bĂąt blesse : nos Ă©missions diminuent, mais Ă  un rythme beaucoup trop faible pour nous permettre d’atteindre nos objectifs. La StratĂ©gie Nationale Bas-Carbone (SNBC) exige un rythme de rĂ©duction compris entre 3 et 5 % par an jusqu'en 2030, puis un effort encore plus soutenu pour atteindre la neutralitĂ© carbone en 2050. Dans ce contexte de course contre la montre climatique, les collectivitĂ©s locales occupent une place stratĂ©gique. 

Selon I4CE (Institut de l'Ă©conomie pour le Climat) et une analyse d’Aurore Colin, les collectivitĂ©s sont les premiers investisseurs publics en France : elles gĂšrent des bĂątiments, des rĂ©seaux de transport, des infrastructures d'eau et d'assainissement, des Ă©quipements culturels et sportifs, etc. Pour atteindre les objectifs climatiques nationaux, les investissements climat doivent augmenter de 87 milliards d'euros d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2024 : un effort colossal qui ne pourra pas se faire sans les collectivitĂ©s.

Et justement, les Ă©lus locaux sont prĂȘts. En fĂ©vrier 2026, The Shift Project publiait les rĂ©sultats d'une grande consultation menĂ©e auprĂšs de 3 000 Ă©lus municipaux, dont 1 000 maires. Les enseignements sont clairs : 87 % des rĂ©pondants se dĂ©clarent prĂ©occupĂ©s par le changement climatique (dont 48% trĂšs prĂ©occupĂ©s), et plus de 99 % ont dĂ©jĂ  perçu au moins un phĂ©nomĂšne climatique sur leur territoire.

Grande Consultation du Shift Project des Maires et élus municipaux

Plus remarquable encore : 53 % des élus citent la préservation de l'environnement comme l'un des trois enjeux prioritaires de leur mandat, une proportion qui monte à prÚs de 70 % pour le prochain mandat. Seuls 4 % des répondants indiquent ne pas souhaiter accélérer la transition climatique.

Le vrai frein n'est donc pas idĂ©ologique ni Ă©lectoral, mais bien opĂ©rationnel : manque de moyens (59 %), prioritĂ© aux urgences quotidiennes (57 %), manque de compĂ©tences ou de formation (41 %). C'est prĂ©cisĂ©ment lĂ  qu'un accompagnement professionnel pour la rĂ©alisation d'un Bilan CarboneÂź Territoire et d’une stratĂ©gie de rĂ©duction des Ă©missions de GES prend tout son sens.

La transition écologique : un solide pilier des politiques locales

Les motivations des élus sont pragmatiques et concrÚtes. Les trois premiÚres raisons d'agir citées dans le rapport du Shift Project sont l'amélioration de la qualité de vie et de la santé des habitants (77 %), la diminution des dépenses énergétiques (75 %) et la protection de la population face aux effets du dérÚglement climatique (62%).

Ce dernier point est clĂ© : la vulnĂ©rabilitĂ© des collectivitĂ©s est trĂšs concrĂšte puisqu’elles sont exposĂ©es Ă  un Ă©ventail de risques climatiques croissants :

  • Le retrait-gonflement des argiles (RGA), qui touche aujourd'hui plus de 12 millions de maisons en France, reprĂ©sente la premiĂšre cause d'indemnisation des catastrophes naturelles hors inondations selon le BRGM.
  • Les inondations, dont la frĂ©quence et l'intensitĂ© augmentent, avec des coĂ»ts de reconstruction de plus en plus lourds pour les collectivitĂ©s. Les tempĂȘtes Nils et Pedro, qui ont successivement frappĂ© le territoire français au dĂ©but du mois de fĂ©vrier 2026 ont un coĂ»t total de 900 millions d’euros d’aprĂšs France Assureurs.
  • Les sĂ©cheresses et vagues de chaleur, qui menacent aussi bien l'agriculture locale que la santĂ© des habitants les plus fragiles (personnes ĂągĂ©es, personnes souffrant de maladies chroniques, enfants
).
  • La pression sur les ressources en eau, qui oblige de nombreuses communes rurales Ă  repenser leur gestion hydraulique. France StratĂ©gie rappelait en 2024 que “si l’eau douce renouvelable paraĂźt abondante Ă  l’échelle de la France (210 milliards de mĂštres cubes), elle est en diminution. Entre les pĂ©riodes 1990-2001 et 2002-2018, le volume disponible a baissĂ© de 14 % (-33 milliards de mĂštres cubes)”.

Pour répondre à ces enjeux, atténuation et adaptation doivent aller de pair au sein des collectivités : l'atténuation (réduire les émissions de gaz à effet de serre) limite l'ampleur du dérÚglement à long terme tandis que l'adaptation (anticiper et se préparer aux effets déjà inévitables) protÚge les habitants dÚs aujourd'hui.

PCAET, label TETE, Bilan Carbone¼ Territoire
 : comment s'y retrouver ?

Il existe en France plusieurs cadres, labels et méthodes pour mesurer l'empreinte carbone d'une collectivité. Il est essentiel de comprendre leurs différences pour choisir l'approche la plus adaptée à sa situation.

Le BEGES rĂ©glementaire "Patrimoine et CompĂ©tences" (BEGES-R) : 

  • obligatoire pour les collectivitĂ©s de plus de 50 000 habitants, Ă  renouveler tous les 3 ans. 
  • couvre les Ă©missions liĂ©es au fonctionnement propre de la collectivitĂ© (bĂątiments, vĂ©hicules de service, achats...). 
  • les Ă©missions sont gĂ©nĂ©ralement classĂ©es selon une approche “organisationnelle” (ex : administration gĂ©nĂ©rale, enseignement, logements, transports collectifs
). 
  • l’esprit du Bilan CarboneÂź “entreprise” est retenu puisque la collectivitĂ© dĂ©finit son pĂ©rimĂštre organisationnel soit par l’approche du contrĂŽle opĂ©rationnel, soit par l’approche du contrĂŽle financier, soit par une dĂ©marche combinant les deux. 
  • La notion de patrimoine renvoie Ă  une approche de contrĂŽle financier alors que la notion de compĂ©tence correspond Ă  une approche de contrĂŽle opĂ©rationnel. 
  • Dans l’approche qui combine contrĂŽle financier et opĂ©rationnel, la Personne Morale inclut dans son pĂ©rimĂštre organisationnel l’ensemble des Ă©quipements et installations qu’elle dĂ©tient ainsi que l’ensemble des Ă©quipements et installations qui concourent Ă  l’exercice de ses compĂ©tences.

Le BEGES territorial (BEGES-T) : 

  • obligatoire dans les PCAET qui couvrent les EPCI (Ă©tablissements publics de coopĂ©ration intercommunale) de plus de 20 000 habitants mais peut aussi ĂȘtre rĂ©alisĂ© de maniĂšre volontaire par les plus petits EPCI. 
  • couvre les Ă©missions de l'ensemble des acteurs prĂ©sents sur le territoire : production industrielle, dĂ©placements des personnes, chauffage des bĂątiments rĂ©sidentiels et tertiaires, activitĂ© agricole, portuaire, forestiĂšre
. : toutes les Ă©missions de GES gĂ©nĂ©rĂ©es par et pour le territoire rentrent dans le pĂ©rimĂštre de mesure de l’empreinte carbone. 
  • porte sur les Ă©missions gĂ©nĂ©rĂ©es par l’ensemble des acteurs situĂ©s sur un territoire, tandis que le BEGES “Patrimoine et CompĂ©tences” ne porte que sur les Ă©missions directes et indirectes de la collectivitĂ© en tant que personne morale.
  • l’avantage est ici d’obtenir une vision exhaustive des Ă©missions dont dĂ©pend le territoire pour exister, le plan d’action peut ainsi couvrir tous les aspects relatifs aux activitĂ©s de la collectivitĂ©.

Le Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) : 

  • outil de planification stratĂ©gique et opĂ©rationnel qui doit ĂȘtre rĂ©visĂ© tous les 6 ans
  • intĂšgre le diagnostic des Ă©missions, une stratĂ©gie territoriale, un programme d'actions et un dispositif de suivi et d’évaluation des actions menĂ©es. 
  • la stratĂ©gie doit fixer des objectifs sectoriels Ă  diffĂ©rents horizons temporels dont 2030-2031 et 2050.
  • chaque PCAET doit faire l’objet d’un bilan Ă  mi-parcours et doit ĂȘtre mis Ă  jour tous les six ans.
  • pour les EPCI de plus de 100 000 habitants ou pour celles couvertes par un plan de protection de l’atmosphĂšre, un plan d’action pour l’amĂ©lioration de la qualitĂ© de l’air doit ĂȘtre Ă©laborĂ©.
  • La plateforme Territoires en Transitions est un outil en ligne dĂ©diĂ© Ă  son Ă©laboration.

Le label Territoire EngagĂ© Transition Écologique (TETE) : 

  • label portĂ© par l'ADEME qui accompagne de façon opĂ©rationnelle l'ambition des collectivitĂ©s sur le volet Climat-Air-Énergie. 
  • s'appuie sur une Ă©valuation externe des actions dĂ©jĂ  mises en Ɠuvre ou planifiĂ©es et peut ĂȘtre articulĂ© avec le PCAET.
  • rĂ©compense via un systĂšme de score et d’étoiles (de 1 Ă  5) obtenues en fonction de l’engagement des collectivitĂ©s dans la mise en place d’actions permettant d’accĂ©lĂ©rer leur transition Ă©cologique.
  • peut servir d’outil de pilotage et permet d’obtenir l’évolution des Ă©missions comparativement aux objectifs de la SNBC (StratĂ©gie Nationale Bas Carbone)
  • en 2026, prĂšs de 700 territoires engagĂ©s sont rĂ©fĂ©rencĂ©s sur le site du label.

En résumé :

  • Le BEGES “Patrimoine et CompĂ©tences” permet de rĂ©pondre Ă  des obligations rĂ©glementaires mais se contente de mesurer les actions relatives aux activitĂ©s dont la collectivitĂ© est responsable. 
  • Le Bilan CarboneÂź Territoire couvre de son cĂŽtĂ© l’ensemble des Ă©missions relatives Ă  l’activitĂ© de la commune, sa rĂ©alisation est donc plus complexe mais il permet d’obtenir une vision exhaustive des Ă©missions gĂ©nĂ©rĂ©es sur une pĂ©riode donnĂ©e.
  • Le PCAET revĂȘt une obligation rĂ©glementaire pour les EPCI de plus de 20 000 habitants mais peut tout Ă  fait ĂȘtre rĂ©alisĂ© par des EPCI de plus petite taille souhaitant s’engager dans une dĂ©marche de transition ambitieuse. Il couvre Ă  la fois les enjeux climatiques, Ă©nergĂ©tiques et de pollution de l’air et doit impĂ©rativement s’accompagner d’une feuille de route robuste.
  • Le label TETE permet aux collectivitĂ©s de voir leurs efforts analysĂ©s et rĂ©compensĂ©s.

Pour en savoir plus sur les méthodologies, vous pouvez consulter ce document.

Cartographier les flux et la structure de la collectivité

Avant de lancer un Bilan CarboneÂź, il faut dresser une cartographie des flux d'activitĂ© du territoire. Le Bilan CarboneÂź Territoire adopte une vision systĂ©mique : il ne s'agit pas seulement de mesurer ce que la collectivitĂ© consomme directement, mais de comprendre l'ensemble des flux qui traversent et se dĂ©roulent Ă  l’intĂ©rieur du territoire.

ConcrĂštement, cela recouvre :

  • L'Ă©nergie produite et consommĂ©e : Ă©lectricitĂ©, gaz naturel, fioul, rĂ©seaux de chaleur, Ă©nergies renouvelables locales
  • Les dĂ©placements des personnes : mobilitĂ©s domicile-travail, dĂ©placements en voiture personnelle, transports en commun, dĂ©placements en avion ou en train des habitants
  • Le transport de marchandises : flux logistiques entrant et sortant du territoire, livraisons internes 
  • L'agriculture : Ă©missions des Ă©levages (mĂ©thane entĂ©rique, gestion des effluents), cultures (protoxyde d'azote des engrais), changement d’usage des sols (artificialisation)
  • Les matiĂšres premiĂšres et produits achetĂ©s : biens de consommation courants, alimentaires et non alimentaires, importĂ©s ou produits localement
  • La construction et les travaux de voirie : matĂ©riaux, chantiers de bĂątiments neufs ou rĂ©novĂ©s, routes et voiries
  • Les dĂ©chets : collecte, traitement, incinĂ©ration, mĂ©thanisation
  • Etc.
Cartographie des flux pour un Bilan CarboneÂź Territoire

Cette cartographie prĂ©alable est indispensable pour dĂ©finir le pĂ©rimĂštre de l'Ă©tude : plus le pĂ©rimĂštre est large, plus les leviers d’actions activables sont consĂ©quents mais plus les doubles-comptes potentiels et le nombre d’acteurs Ă  consulter est important (gestionnaires d'Ă©nergie, syndicats agricoles, organismes de transport, entreprises locales, habitants
). Soulignons aussi le fait que chaque territoire a ses spĂ©cificitĂ©s, il est dĂšs lors indispensable d’élaborer une cartographie propre Ă  chacun.

Comptabiliser précisément ses émissions de gaz à effet de serre

Une fois les flux cartographiĂ©s, le calcul des Ă©missions s'organise. Pour cinq catĂ©gories d’émissions, voici les donnĂ©es Ă  collecter, un exemple de calcul concret et les leviers d'action Ă  actionner.

1. DĂ©placements et mobilitĂ© 

Les données à collecter sont les kilomÚtres parcourus par mode de transport (voiture, train, avion, vélo
), les données de trafic routier, les données des compagnies de transport collectif 


À titre d'illustration : une Ă©tude portant sur la mobilitĂ© montre que 5 000 000 km sont effectuĂ©s en voiture essence chaque annĂ©e par les habitants d'un territoire, et que le nombre de personnes moyen par vĂ©hicule est de 1,8. D’aprĂšs la Base Carbone de l’ADEME, une voiture Ă  motorisation essence gĂ©nĂšre environ 270 g CO2e, en sachant que le nombre d’occupants moyen par vĂ©hicule est de 1,8, on obtient 150 g CO2e / passager.km. Cela reprĂ©sente donc 750 tonnes de CO2e pour ce seul poste. 

Les leviers d'action comprennent le développement de transports en commun, le financement de pistes cyclables sécurisées, le soutien à la mobilité électrique (permettant de diviser les émissions par au moins deux par rapport aux véhicules thermiques en France), le déploiement de politiques visant à pousser les administrés à covoiturer, les subventions à l'achat de vélos à assistance électrique, la mise en place d'un plan de mobilité employeurs


2. Activités agricoles

Les donnĂ©es Ă  collecter sont le nombre de tĂȘtes de bĂ©tail (bovins, porcins, volailles), les surfaces cultivĂ©es et les types de cultures, les volumes d'engrais azotĂ©s utilisĂ©s


À titre d'illustration : nous dĂ©nombrons 700 vaches laitiĂšres dans une collectivitĂ©, les Ă©missions entĂ©riques s’élĂšvent Ă  121 kgCH4 / tĂȘte / an (d’aprĂšs l’ADEME). En sachant que le PRG (Pouvoir de RĂ©chauffement Global) du mĂ©thane est de 27,2 kg CO2e pour 1 kg de mĂ©thane, soit 3,3 tCO2e / vache. Au total, le cheptel est donc responsable de l’émission de 2 310 t CO2e. Attention ici, nous ne comptabilisons que les Ă©missions entĂ©riques, les Ă©missions relatives aux dĂ©jections sont Ă©galement Ă  comptabiliser. 

Les leviers incluent la promotion des pratiques agroĂ©cologiques, le soutien des agriculteurs dans leur transition (voir notre article concernant les produits agro-alimentaires et celui sur les cidreries pour plus d’exemples concrets), le soutien Ă  l'agriculture de conservation des sols (qui sĂ©questre du carbone) et le dĂ©veloppement de circuits alimentaires courts pour rĂ©duire les Ă©missions liĂ©es au transport des denrĂ©es.

3. Biens matĂ©riels et consommation 

Les achats de biens de consommation courants sont gĂ©nĂ©ralement estimĂ©s Ă  partir de donnĂ©es INSEE par habitant, mais des donnĂ©es peuvent Ă©galement ĂȘtre recueillies Ă  partir de questionnaires ciblĂ©s et reprĂ©sentatifs. 

Typiquement : pour une collectivitĂ©s de 17 000 habitants, Ă  raison de 3 repas par personne et par jour, nous dĂ©nombrons un total de 18 615 000 repas consommĂ©s sur une annĂ©e. Faisons l’hypothĂšse que 18% de ces repas sont des repas Ă  dominante animale (avec poulet), dont le facteur d’émissions est de 1,58 kg CO2e / repas. Nous estimerons alors les Ă©missions de ces 18% des repas Ă  5 294 tCO2e. Notons qu’il faudrait dans ce cas ĂȘtre vigilant aux doubles-comptes, une partie des Ă©missions pourraient ĂȘtre comptĂ©es deux fois dans le cas oĂč les Ă©missions gĂ©nĂ©rĂ©es par les produits alimentaires auraient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© comptabilisĂ©es dans la catĂ©gorie “ActivitĂ©s agricoles”.

Les leviers sont notamment le soutien Ă  l'Ă©conomie circulaire (voir le label Économie Circulaire), la sensibilisation des administrĂ©s aux enjeux soulevĂ©s par la sur-consommation, le dĂ©veloppement de ressourceries et repair cafĂ©s, l'intĂ©gration de clauses environnementales dans les marchĂ©s publics, etc.

4. Habitat et construction 

Les données à collecter sont les consommations d'énergie des bùtiments résidentiels et tertiaires (en kWh), les surfaces construites ou rénovées, les matériaux utilisés dans les chantiers


Par exemple : 10 000 MWh de gaz naturel consommĂ©s pour le chauffage rĂ©sidentiel reprĂ©sentent, avec un facteur d'Ă©missions de 210 gCO2e / kWh PCS (source : Base Carbone ADEME), environ 2 100 tonnes de CO2e. 

Les leviers sont le dĂ©ploiement de rĂ©seaux de chaleur alimentĂ©s par des Ă©nergies renouvelables, les subventions Ă  la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique, le dĂ©ploiement d’outils rĂ©glementaires d'urbanisme favorisant l’électrification des bĂątiments, etc.

5. ActivitĂ© industrielle et tertiaire 

Les donnĂ©es Ă  collecter proviennent des registres d'Ă©missions des industriels (GEREP), des consommations Ă©nergĂ©tiques des zones d'activité 

À titre d’exemple : en 2024, le site d’enfouissement des dĂ©chets du centre de la ville de St-Hilaire-de-Court dans le Cher (34) a dĂ©clarĂ© avoir rejetĂ© l’équivalent de 122 tonnes de mĂ©thane. En sachant qu’un kilogramme de mĂ©thane Ă©quivaut Ă  27,2 kg CO2e, nous estimons que 3 318 tCO2e sont Ă  rattacher Ă  la collectivitĂ©.

Les leviers comprennent le déploiement de synergies inter-entreprises (écologie industrielle et territoriale), le soutien à la décarbonation des procédés industriels, la transition vers des sources d'énergie bas-carbone


Faire de ses résultats des vecteurs de croissance et de transformation

Un Bilan CarboneÂź Territoire n'est pas une fin en soi : il est le point de dĂ©part d'une dynamique de transformation. Pour qu'il soit pleinement utile, ses rĂ©sultats doivent ĂȘtre traduits en indicateurs de suivi, communiquĂ©s aux parties prenantes et inscrits dans le cadre rĂ©glementaire.

Pour Ă©valuer la trajectoire de la commune dans le temps, des indicateurs concrets peuvent ĂȘtre proposĂ©s et suivi dans le temps :

  • Les Ă©missions de GES par habitant (tCO2e / habitant), qui permettent de comparer la performance du territoire dans le temps et par rapport Ă  d'autres communes similaires.
  • L'intensitĂ© carbone de la mobilitĂ© en centre-ville (g CO2e / km parcouru), qui mesure les progrĂšs liĂ©s au report modal et Ă  l'Ă©lectrification des vĂ©hicules.
  • La part d'Ă©nergie renouvelable et locale produite sur le territoire (% de la consommation totale), indicateur clĂ© de la souverainetĂ© Ă©nergĂ©tique locale.
  • La part d’entreprises de plus de 50 ETP ayant rĂ©alisĂ© un Bilan CarboneÂź sur les deux derniĂšres annĂ©es (%), indicateur mettant en Ă©vidence l’engagement du secteur privĂ© dans la dĂ©carbonation du territoire. 
  • Etc.

L’objectif est de dĂ©finir des indicateurs qui permettent de facilement rendre compte de l’impact des actions dĂ©ployĂ©es par la collectivitĂ© au travers de sa politique locale. Ils peuvent devenir des Ă©lĂ©ments forts de communication pour la collectivitĂ©.

N’oublions d’ailleurs pas que la transparence est un levier de mobilisation. Partager les rĂ©sultats du Bilan CarboneÂź avec le grand public, les entreprises, les associations, les collectivitĂ©s voisines, mais aussi avec les acteurs institutionnels (ADEME, DREAL, DĂ©partement, RĂ©gion...), renforce la crĂ©dibilitĂ© de la dĂ©marche et favorise les coopĂ©rations. Les supports de communication peuvent ĂȘtre variĂ©s : site internet de la commune, newsletter, rĂ©unions publiques de quartier, prĂ©sentation lors du conseil municipal


***

La démarche AtAd Climat : mesurer, réduire, piloter une démarche co-construite avec et pour vos administrés

Chez AtAd Climat, nous sommes persuadĂ©s qu’un plan climat efficace ne se crĂ©e pas dans des bureaux. Il se co-construit sur le terrain, avec celles et ceux qui font la commune. 

Notre approche se base sur : 

  • La mesure du Bilan CarboneÂź Territoire : pour obtenir une vue claire et prĂ©cise des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre dont dĂ©pend votre collectivitĂ© (voir comment nous procĂ©dons avec quelques exemples dans la partie : “Comptabiliser prĂ©cisĂ©ment ses Ă©missions de gaz Ă  effet de serre”)
  • La co-construction d’un plan d’action pour attĂ©nuer dans le temps vos Ă©missions : qui prend en compte vos contraintes, vos moyens financiers et humains, et place au coeur de la dĂ©marche les citoyennes et citoyens de la collectivitĂ© 
  • La mise en place d’un dialogue pour lier la collectivitĂ© et ses habitants sur la thĂ©matique climatique : sur ce sujet, nous nous associons Ă  Katja Tochtermann, spĂ©cialiste des Études RSE, pour co-construire avec l’ensemble des administrĂ©s cette dĂ©marche de transition.  Un plan d'action climat n'a de rĂ©elle efficacitĂ© que s'il est fait dans un esprit collaboratif et avec une communication et des Ă©changes rĂ©guliers avec les publics concernĂ©s.

​

C'est pourquoi nous proposons de vous accompagner avec diffĂ©rentes formes de dialogue citoyen aux diffĂ©rentes Ă©tapes du processus “Bilan carboneÂź Territoire et Plan de transition”

​     > Un questionnaire en amont "pour prendre la tempĂ©rature" : mieux connaĂźtre vos administrĂ©s et leurs rapports Ă  la thĂ©matique, comprendre leurs prĂ©occupations, leurs besoins et leur degrĂ© de sensibilitĂ©, recueillir leurs idĂ©es
 On peut y prĂ©voir des questions de type baromĂ©trique, qui pourront servir d'indicateurs de suivi sur plusieurs annĂ©es.

     > Des entretiens sur le terrain avec des reprĂ©sentants de la commune : pour comprendre plus finement le contexte local, les Ă©lĂ©ments Ă  prendre en compte, les besoins, les freins et les opportunitĂ©s. Ils permettront Ă  la fois d'affiner le plan d'action et d'impliquer les diffĂ©rents publics.

     > Pour un dispositif complet, un espace de dialogue continu avec vos administrĂ©s : ce sera le lieu de suivi des actions, oĂč l'on pourra communiquer sur les rĂ©sultats du bilan carbone, rendre compte des initiatives et annoncer les actions Ă  prĂ©voir, bref, impliquer, expliquer et Ă©changer ! Sur ce dernier point, la messagerie Treebal pro nous semble particuliĂšrement adaptĂ©e (solution française et Ă©co-conçue permettant une communication maĂźtrisĂ©e et sĂ©curisĂ©e via des canaux de discussion et d'information co-construits ensemble via un tableau de bord). 

Katja Tochtermann

Comme Ă©voquĂ© en dĂ©but d’article, la SNBC fixe des objectifs clairs : neutralitĂ© carbone Ă  horizon 2050, rĂ©duction de 55 % des Ă©missions d'ici 2030 par rapport Ă  1990 dans le cadre du Pacte Vert europĂ©en. Les collectivitĂ©s, en tant que premiers investisseurs publics et acteurs de proximitĂ©, sont la clĂ© de voĂ»te de cette ambition nationale.

Lancer un Bilan CarboneÂź Territoire, c'est donc bien plus qu'un exercice de comptabilitĂ© environnementale : c'est se doter d'une boussole stratĂ©gique, d'un outil de dialogue avec les habitants, d'un levier d'optimisation budgĂ©taire et d'un argument solide pour accĂ©der aux financements de l'État (Fonds Vert, ADEME, Banque des Territoires) et de l'Union EuropĂ©enne. C'est, surtout en tant qu’élu(e), prendre ses responsabilitĂ©s face Ă  l'histoire.

***

Envie d’échanger sur vos enjeux climatiques ?


Nous serions ravis de discuter de vos besoins, de vos projets et de la maniĂšre dont nous pouvons vous accompagner !

📆 Prendre rendez-vous, pour pouvoir Ă©changer de vive voix sur votre projet ou vos questions
đŸ“© Nous Ă©crire un message, auquel nous rĂ©pondrons sous 48h (jours ouvrĂ©s)

Nous contacter !
Recherche