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Je suis un industriel de l'agro-alimentaire et je souhaite me lancer dans un Bilan Carbone®

Je suis un industriel de l'agro-alimentaire et je souhaite me lancer dans un Bilan Carbone®

Mardi, Avril 7, 2026 Bilan Carbone Agro-alimentaire

🥗 L’agriculture : pierre angulaire d’une transition environnementale juste, désirable, souveraine et engagée

L’agriculture : 21% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle française

En France, le secteur agricole représente environ 21% des émissions nationales de gaz à effet de serre, selon les données du CITEPA et de ADEME. Ces émissions proviennent majoritairement de sources non énergétiques, notamment du méthane issu de l’élevage et du protoxyde d’azote lié aux sols agricoles et à l’usage d’engrais.

Au-delà de son poids carbone, l’agriculture occupe une place stratégique dans la transition environnementale. À l’interface entre production alimentaire, gestion des ressources naturelles et dynamiques territoriales, elle constitue un levier central pour construire des modèles à la fois plus durables, résilients et souverains. Engager une démarche de type Bilan Carbone® dans l’agro-alimentaire, c’est ainsi non seulement mesurer et réduire son empreinte, mais aussi contribuer activement à une transformation systémique, conciliant enjeux climatiques, sécurité alimentaire et acceptabilité sociale.

Notons également que les émissions relatives à notre alimentation sont aujourd’hui majoritairement liées aux produits transformés, qui représentent 51% des émissions totales de notre alimentation. Les produits non-transformés (fruits, légumes, viandes, poissons, céréales non transformées) représentent 26% du total, la consommation en restaurant et restauration collective pèsent pour 14% du total, et la cuisson et les déchets alimentaires comptent enfin pour 9% des émissions.

Pour illustrer le prĂ©sent article, nous prendrons comme exemple une entreprise qui produit des biscuits sucrĂ©s et salĂ©s. Elle utilise aussi bien des matières premières d’origine animale (lait, beurre, Ĺ“ufs…) que d’origine vĂ©gĂ©tale (farine de blĂ©, fruits, lĂ©gumes, Ă©pices, huiles…). 

Des vulnérabilités croissantes pour l'approvisionnement en matières premières

Les modèles d'approvisionnement des industriels de l’agro-alimentaires sont très fortement soumis aux bouleversements climatiques. Plusieurs travaux scientifiques récents sonnent l'alarme :

  • Baisse des rendements du blĂ© tendre : dĂ©but 2026, des chercheurs de l’INRAE ont publiĂ© dans la revue Agricultural and Forest Meteorology, une Ă©tude qui dĂ©montre que, dans un scĂ©nario de fort rĂ©chauffement, les Ă©pisodes de sĂ©cheresse et de canicule simultanĂ©es pourraient ĂŞtre 3 Ă  6 fois plus frĂ©quents selon les rĂ©gions françaises, et les hivers doux couplĂ©s Ă  des printemps très humides (favorables aux maladies) pourraient ĂŞtre 12 fois plus frĂ©quents dans le Nord de la France d'ici 2100.
  • Tension Ă©galement sur les matières premières d’origine animale : toujours selon l’INRAE, le changement climatique impacte la disponibilitĂ© des matières premières d’origine animale. Par exemple, le stress de chaleur a pour effet de faire chuter la productivitĂ© des races bovines laitières Holstein, MontbĂ©liarde et Normande de 5 Ă  6% et les quantitĂ©s de matières grasses et protĂ©iques de 9 Ă  12%. 
  • Ressource en eau sous pression : les ressources en eau douce disponible en France mĂ©tropolitaine ont baissĂ© de 14% en quinze ans, entraĂ®nant des restrictions d'irrigation qui affectent directement l’agriculture française.

Ces quelques exemples se traduisent concrètement par des risques de pénurie, de volatilité des prix et d'instabilité d'approvisionnement. Derrière la réalisation d’un Bilan Carbone® se cache aussi la réalisation d’une cartographie de l’activité et l’occasion de découvrir les principaux flux de dépendances physiques de l’entreprise.

Qu'est-ce qu'un Bilan Carbone® ?

Le Bilan Carbone® est une méthode développée par l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) permettant à une entreprise, collectivité, administration de comptabiliser l'ensemble de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) sur une période donnée (généralement une année). Il s'exprime en tonnes équivalent CO2 (tCO2e), une unité commune qui permet de comparer et d'additionner les effets de différents gaz (dioxyde de carbone mais aussi et surtout pour le monde agricole : méthane, protoxyde d'azote…).

Concrètement, la démarche repose sur une organisation des émissions en trois périmètres, appelés « scopes » :

  • Scope 1 : les Ă©missions directes produites par l'entreprise elle-mĂŞme (dans notre exemple, la combustion de gaz naturel dans les fours de cuisson, le fioul consommĂ© par un groupe Ă©lectrogène, les Ă©missions des vĂ©hicules de l'entreprise…).
  • Scope 2 : les Ă©missions indirectes liĂ©es Ă  l'achat d'Ă©nergie. Dans notre exemple, cela concerne l'Ă©lectricitĂ© consommĂ©e dans les ateliers de production et les entrepĂ´ts de stockage.
  • Scope 3 : toutes les autres Ă©missions indirectes, en amont (achats de matières premières, emballages, transport des ingrĂ©dients) et en aval (livraison des produits finis, fin de vie des emballages). C'est gĂ©nĂ©ralement le scope le plus important pour un industriel du secteur agroalimentaire.

Sur le plan mĂ©thodologique, le Bilan Carbone® de l'ADEME est la mĂ©thode la plus reconnue en France. Elle est complĂ©mentaire du rĂ©fĂ©rentiel international GHG Protocol, et peut servir de base Ă  un rapport conforme Ă  la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive, obligation rĂ©glementaire europĂ©enne). 

Cartographier ses flux et sa structure

Première Ă©tape du Bilan Carbone® : la rĂ©alisation d'une cartographie des flux, un schĂ©ma qui reprĂ©sente l'ensemble des entrĂ©es et sorties propres Ă  l'entreprise. Voici quelques des catĂ©gories qui doivent figurer dans celle de notre exemple du jour : une entreprise qui produit des biscuits sucrĂ©s et salĂ©s : 

  • Les matières premières alimentaires : comme prĂ©cisĂ© plus tĂ´t, la biscuiterie prise en exemple dans cet article achète des matières vĂ©gĂ©tales (huile, farine de blĂ©, sucre, arĂ´mes…) et des matières d’origine animale (lait, beurre, poudre de lait, Ĺ“ufs…).
  • Les emballages : en papier, en carton, en plastique… : les matières premières ainsi que leur fabrication gĂ©nèrent des Ă©missions qui peuvent s’avĂ©rer significatives.
  • Les infrastructures de l’entreprise : de l’entrepĂ´t de stockage des matières premières sèches en passant par le bâtiment de production, les locaux administratifs, etc. Sont Ă  comptabiliser les consommations d’énergie, les consommations de froid, les quantitĂ©s de dĂ©chets gĂ©nĂ©rĂ©s par l’activitĂ©, etc.
  • Les flux de fret amont et aval : l’entreprise reçoit des matières premières qui transitent par voie maritime, par la route ou par les airs et distribue ses produits via ces mĂŞmes modes de transport en France ou de par le monde.
  • Boutique et points de vente : Ă©nergie consommĂ©e dans les espaces de vente, Ă©clairage, climatisation, dĂ©placements des clients.
  • Collaborateurs et fonctionnement : dĂ©placements domicile-travail, voyages professionnels, flotte de vĂ©hicules commerciaux, achats divers et fonctions support.

Cette cartographie est la colonne vertébrale du Bilan Carbone®. Elle permet d'identifier tous les flux qui devront être quantifiés et de ne rien oublier. Elle sert aussi de support de dialogue avec les équipes internes (production, achats, logistique, RH) qui fourniront les données nécessaires.

Cartographie typique d'un industriel de l'agro-alimentaire

Comptabiliser précisément ses émissions de GES

Chaque flux identifié est converti en émissions de GES grâce à des facteurs d'émissions (FE). La formule est simple : émissions (kgCO2e) = donnée d'activité x facteur d'émissions. Voici les cinq principales catégories d'émissions que nous pourrions trouver dans le Bilan Carbone® d’un industriel qui produit des biscuits sucrés ou salés, avec des exemples concrets de calcul et de leviers d'action.

Catégorie 1 : Matières premières végétales

Données à collecter (liste non-exhaustive, qui évolue en fonction de la cartographie des flux) : quantités achetées en tonnes pour chaque matière première (farine de blé, sucre, huile de tournesol, arômes, fruits, légumes...)..

Exemple de calcul : un biscuitier achète 900 tonnes de farine de blé tendre par an. Le facteur d'émissions de la farine de blé est d'environ 0,62 kgCO2e/kg (Agribalyse - agriculture et transformation). En parallèle, l’entreprise achète 100 tonnes de farine de riz, dont le facteur d’émissions est de 2,3 kgCO2e/kg (Agribalyse - agriculture et transformation).
Résultat : 900 000 kg × 0,62 + 100 000 kg * 2,3 = 788 t CO2e.
La farine de riz représente ainsi 10% du volume acheté mais près de 30% des émissions de GES de la catégorie..

Leviers d'action : les facteurs d’émissions présentés ci-dessus sont issus de moyennes sectorielles. Il est important d’avoir en tête que chaque fournisseur est susceptible de produire une donnée qui lui est propre, qui prend en compte ses pratiques agricoles et l’ensemble des actions menées pour atténuer son impact environnemental. En adoptant les pratiques d’une agriculture régénératrice et biologique, en limitant l’usage des engrais et intrants, le travail du sol, etc, les producteurs peuvent réduire leur impact. Notons également l’intérêt d’analyser l’impact du réchauffement climatique sur les principales zones d’approvisionnement afin d'anticiper plus aisément les pénuries et potentielles hausses de prix. En tant qu’industriel, vous pouvez également jouer le rôle de chef de file de la décarbonation de votre chaîne de valeur (voir notre offre “structurer une transition commune”).

Catégorie 2 : Matières premières animales

Données à collecter (liste non-exhaustive, qui évolue en fonction de la cartographie des flux) : quantités achetées en tonnes de chaque matière première (œufs, lait, poudre de lait, beurre...)..

Exemple de calcul : l’entreprise achète 100 tonnes de beurre mais se fournit pour 50% auprès de fermes engagées dans l’initiative Ferme Laitière Bas Carbone. En 2025, l’objectif de l’initiative est de produire une matière première dont l’empreinte carbone est 20% inférieure à celle des produits conventionnels.
Soit 50 000 kg x 7,4 kg CO2e/kg de beurre conventionnel + 50 000 x 5,9 kg CO2e/kg = 665 t CO2e.
Notons que l’approvisionnement auprès de la filière bas-carbone permet de rĂ©duire l’empreinte carbone de 75 tCO2e : l’équivalent de près de 9 tours de la Terre en voiture thermique Ă©conomisĂ©s ! 

Leviers d'action : comme pour la première catégorie, le sourcing est clé. De nombreuses initiatives existent pour mener les agriculteurs sur la voie de la décarbonation de leurs activités. Ces derniers peuvent notamment jouer sur la qualité des fourrages, ajuster les rations, introduire des compléments (certaines algues contiennent du bromoforme qui permet de limiter la production de méthane des bovins, jusqu’à 98% dans certains cas !), mieux gérer les effluents…

Catégorie 3 : Achats d'emballages et fin de vie

Données à collecter (liste non-exhaustive, qui évolue en fonction de la cartographie des flux) : quantités en kg ou en tonnes de chaque type d'emballage (films plastiques PE/PP, cartons ondulés, étiquettes), devenir des emballages une fois commercialisés (récupération via consigne, recyclage, incinération…)

Exemple de calcul : l'entreprise utilise 5 tonnes de polystyrène expansé (EPS) par an pour protéger ses produits pendant leur expédition. Le facteur d'émission d’un kilogramme de granulés d’EPS est d'environ 3,54 kg CO2e (Base Empreinte - source Ecoinvent) auquel nous ajoutons les émissions générées par la fabrication des emballages : 1,9 kg CO2e / kg pour le procédé d’injection moulage de plastique (Base Empreinte - source Ecoinvent).
Soit : 5 000 kg Ă— (3,54 + 1,9) = 27,2 tonnes CO2e.

Leviers d’action : réduire le grammage des emballages (allégement), passer à des emballages recyclés et recyclables, et remplacer le plastique vierge par du carton FSC sont des leviers accessibles, et avec un impact positif direct sur vos émissions de GES.

Catégorie 4 : Consommation d'énergie (gaz et électricité)

Données à collecter (liste non-exhaustive, qui évolue en fonction de la cartographie des flux) : factures énergétiques en kWh de gaz naturel consommé (scopes 1 et 3), en kWh d'électricité consommée (scopes 2 et 3), en litres de fioul (scopes 1 et 3)…

Exemple de calcul : le site consomme 800 000 kWh sur un réseau de chaleur urbain. Le facteur d'émissions du réseau de chaleur est de 98 gCO2e/kWh, il utilise en partie la géothermie, ce qui lui permet de produire une énergie relativement peu carbonée.
Résultat : 800 000 × 0,098 = 78 t CO2e.

Leviers d’action : dans cet exemple prĂ©cis, les fours sont utilisĂ©s pendant une très grande partie de la journĂ©e : leur isolation peut permettre d’attĂ©nuer fortement les Ă©missions et les factures qui sont associĂ©es. De plus, la chaleur dĂ©gagĂ©e par les fours peut ĂŞtre utilisĂ©e pour le chauffage des locaux ou de l’eau des bains de lavage. Certains industriels ont rĂ©duit leur consommation de gaz de 15 Ă  25 % en isolant mieux leurs fours et en optimisant les recettes Ă  cuisson plus basse. Enfin, l’autoconsommation d’énergie (solaire, gĂ©othermie, Ă©olien…) peut permettre la production d’une Ă©nergie Ă  l’empreinte carbone modĂ©rĂ©e. 

Catégorie 5 : Transport et logistique

DonnĂ©es Ă  collecter (liste non-exhaustive, qui Ă©volue en fonction de la cartographie des flux) : kilomètres parcourus par les vĂ©hicules de l'entreprise (en distinguant thermique/Ă©lectrique), tonnes kilomètres (tonne.km) pour les flux de marchandises transportĂ©es par des prestataires.

Exemple de calcul : pour la distribution : 50 000 tonne.km sont transportées en train vers un distributeur espagnol chaque année (FE : 0,0103 kgCO₂e/tonne.km), ce qui génère 515 kgCO2e.

Leviers d’action : l’électrification des vĂ©hicules (voiture ou poids-lourd) est l’une des clĂ©s qui permet au transport de se dĂ©carboner. La performance des vĂ©hicules a fortement Ă©voluĂ© ces dernières annĂ©es et les prix des carburants rendent très compĂ©titifs les vĂ©hicules 100% Ă©lectriques. L’usage du transport fluvial et du ferroutage permet aussi d’assurer une rĂ©duction consĂ©quente des Ă©missions sur les trajets de moyennes et longues distances. 

Faire de ses résultats des vecteurs de croissance et de transformation

Un Bilan Carbone® n'est pas une fin en soi, c'est un outil de pilotage stratégique. Bien exploité, il ouvre des portes commerciales, renforce la relation avec les parties prenantes et positionne l'entreprise comme un acteur qui s’engage pleinement dans la transition.

Créer des indicateurs de suivi pour mesurer vos progrès

Pour que le Bilan Carbone® génère de la valeur dans le temps, il doit être adossé à des indicateurs concrets, mesurables ponctuellement. En voici trois exemples adaptés à un biscuitier :

  • L'intensitĂ© carbone par tonne de produit fini : exprimĂ©e en kgCO2e par tonne de produits finis, cet indicateur permet de suivre les gains d'efficacitĂ© indĂ©pendamment des variations de volume. Il est comparable Ă  des benchmarks sectoriels et tĂ©moigne de la performance rĂ©elle de l'entreprise.
  • La part du chiffre d'affaires rĂ©alisĂ©e sur des produits Ă  Ă©co-score A ou B : Ă  mesure que l'affichage environnemental se dĂ©ploie en France, les produits les mieux notĂ©s bĂ©nĂ©ficieront d'un avantage concurrentiel. Suivre ce ratio incite Ă  reformuler les recettes et Ă  rĂ©duire les impacts des produits les plus Ă©metteurs
  • Part des quantitĂ©s achetĂ©es dont l’empreinte carbone est mesurĂ©e et suivie : vos fournisseurs de matières premières reprĂ©sentent votre principal levier d’action pour dĂ©carboner. Votre trajectoire de dĂ©carbonation dĂ©pend en grande partie de leurs dĂ©cisions et choix d’investissement. Votre rĂ´le est Ă©galement de les soutenir dans la dĂ©marche.

Communiquer sur vos résultats à vos parties prenantes

Chaque partie prenante a ses propres raisons de s'intéresser à votre Bilan Carbone® :

  • Les consommateurs : de plus en plus sensibles Ă  l'impact environnemental de leurs achats alimentaires, ils cherchent des marques transparentes et engagĂ©es. Partager votre trajectoire carbone sur vos emballages ou votre site web construit une relation de confiance et contribue Ă  fidĂ©liser une clientèle exigeante.
  • Les investisseurs et actionnaires : pour les PME et les ETI, les banques et les investisseurs intègrent de plus en plus les critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) dans leurs dĂ©cisions de financement. Un Bilan Carbone® structurĂ© est un signal positif de bonne gouvernance, la rĂ©pĂ©tition de l’exercice dans le temps est gage d’engagement sur le long terme. 
  • Les distributeurs : c'est peut-ĂŞtre la partie prenante la plus dĂ©terminante Ă  court terme. Comme dĂ©taillĂ© ci-dessous, ils ont un intĂ©rĂŞt direct Ă  connaĂ®tre votre empreinte carbone pour gĂ©rer la leur.

Les distributeurs : de partenaires Ă  prescripteurs climatiques

La grande distribution française est entrée dans une nouvelle ère. En novembre 2025, neuf enseignes majeures (Auchan, Carrefour, Coopérative U, Groupe Casino, Groupement Mousquetaires, Mouvement E.Leclerc, Lagardère Travel Retail, Lidl et METRO France) ont officiellement lancé LESS (Low Emission Sustainable Sourcing), une plateforme commune pour collecter et harmoniser les données carbone de leurs fournisseurs. La plateforme retenue est OpenClimat, start-up française fondée en 2022.

La raison est simple et impérative : plus de 96% des émissions de GES des distributeurs proviennent de leurs chaînes d'approvisionnement. Impossible d’atteindre leurs objectifs climatiques sans embarquer leurs fournisseurs. Les produits vendus par ces neuf enseignes représentent plus de 100 millions de tonnes équivalent CO2, soit un sixième de l'empreinte carbone de la France entière.

Concrètement, la plateforme OpenClimat permet aux fournisseurs de saisir leurs données carbone une seule fois et de les partager avec l'ensemble de leurs clients distributeurs. Les industriels qui ne disposent pas encore de Bilan Carbone® peuvent s'inscrire gratuitement pour engager le dialogue avec les distributeurs.

Répondre aux enjeux réglementaires et se différencier de la concurrence

La réglementation autour de l'affichage environnemental alimentaire est en pleine accélération en France. Depuis 2021, les pouvoirs publics concentrent leurs travaux sur le secteur alimentaire, considéré comme prioritaire. L'ADEME mène des expérimentations sur l'affichage environnemental des produits alimentaires, en s'appuyant sur des méthodologies d'analyse du cycle de vie (ACV) et sur le cadre européen PEF (Product Environmental Footprint).

L'objectif est de fournir aux consommateurs, sur l'emballage mĂŞme des produits, une information fiable sur leur impact environnemental, Ă  l'image de ce que le Nutri-Score a fait pour l'information nutritionnelle. Pour un industriel qui a dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© son Bilan Carbone® et engagĂ© une dĂ©marche de rĂ©duction, cet affichage sera un avantage concurrentiel direct : ses produits seront mieux notĂ©s, plus lisibles, plus attractifs pour une clientèle et des distributeurs soucieux de leur image. 

Réaliser son Bilan Carbone® n'est pas une contrainte supplémentaire que l'on subit : c'est un acte de lucidité stratégique. Pour un industriel, c'est comprendre d'où viennent ses émissions, anticiper les risques pesant sur ses approvisionnements, répondre aux attentes croissantes des distributeurs et transformer une obligation réglementaire en levier de croissance et de performance économique.

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